Ne manquez pas l'exposition photos "Les usages de la plage des chinois en Chine" à l'Office de tourisme de Brétignolles sur mer.
Exposition photos à Brétignolles sur mer Christophe Guibert

Dans le cadre du festival Envies d’Automne, l’Office de tourisme de Brétignolles sur Mer accueille du 1er octobre au 2 novembre l’exposition photos  « Les  usages de la plage des chinois en Chine » réalisée par Christophe GUIBERT.


Maître de conférences en sociologie à l’université d’Angers et chercheur au laboratoire Espaces et Sociétés (UMR CNRS 6590), Christophe GUIBERT porte ses recherches sur la sociologie des politiques publiques, sur l’emploi touristique, sur les questions d’usages sociaux des loisirs sportifs et touristiques balnéaires.
 
Nous avons rencontré le sociologue Christophe GUIBERT pour en savoir plus sur cette exposition.
 
  • Quelle est la genèse de cette exposition ?

Cette exposition s’inscrit dans une recherche collective menée avec des collègues géographes de l’université d’Angers dont certains étaient spécialistes de la Chine. L’un deux avait fait sa thèse sur le tourisme des chinois en Chine. Nous avons collectivement décidé d’interroger plus spécifiquement le littoral et en premier lieu cela s’articulait autour du surf.

Au début des années 2010, le surf  se développe en Chine notamment avec l’essor de compétitions professionnelles qui ont une notoriété certaine. C’est en rentrant sur ce terrain du surf que l’on a élargi aux pratiques de plage en général et on a thématisé différentes entrées, différentes recherches, sur différents terrains. Entre 2011 et 2016, nous sommes allés à plusieurs reprises sur différentes plages chinoises pour observer, interroger et essayer d’interpréter ces pratiques de plage qui sont différentes des nôtres.

  • Vous êtes Brétignollais, le surf est bien ancré ici dans la station balnéaire.  Comment décririez-vous la pratique du surf en Chine comparée à celle de la France ?

Les spots de surf les plus connus, sur lesquels il y a des compétitions professionnelles et où il y a des touristes étrangers et notamment australiens ou américains ou japonais qui viennent surfer en Chine, c’est sur l’île de Hainan, une île tropicale tout au sud de la mer de Chine.

Les vagues sont de qualités très moyennes, il faut des typhons. Il y a peu de vagues, la structuration est très limitée, autrement dit, il n’y a pas d’association ou une qui balbutie. Le surf en Chine est donc quasiment inexistant mais néanmoins il y a un intérêt économique pour les entreprises et les sponsors d’intégrer ce marché chinois. Il y a donc du surf en Chine à travers des compétitions professionnelles.

  • Y a-t-il une raison particulière d’avoir choisi d’exposer ici, à l’Office de Tourisme de Brétignolles sur mer ? Ou plus largement dans une station balnéaire française ?

C’est une exposition qui questionne le littoral donc confronter les usages du littoral en Chine avec des pratiques françaises ordinaires que l’on a nous sur nos littoraux. Je pense que c’est une exposition qui est plus pertinente à Brétignolles sur Mer que dans une commune excentrée du littoral. Et puis évidemment parce que je suis de Brétignolles.

  • A qui s’adresse cette exposition ? (A un large public ? A-t-elle une vocation pédagogique ?)

L’ambition initiale est d’abord scientifique. C’est véritablement essayer d’objectiver les pratiques de plage en décentrant le regard que l’on peut avoir, un peu ethno-centré. Ces photographies servent, en regardant les différences, à mieux questionner nos propres pratiques. Cela peut être grand public, bien évidemment il y a des intérêts pédagogiques pour les enfants qui peuvent voir comment cela se passe ailleurs. Les intérêts sont donc multiples.

  • Quel message souhaitez-vous faire passer avec cette exposition ?

C’est de déporter le regard et questionner ce qui parait évident. Lorsque nous allons à la plage, nous prenons notre maillot de bain, notre serviette, c’est évident. Or, il n’y a pas de serviette sur les plages Chinoises. Il y a des bouées, des pratiques qui pour nous sont plutôt infantiles mais qui existent à l’âge adulte en Chine.

C’est pour voir la différence, pour mieux questionner nos propres pratiques et finalement prendre de la distance par rapport à ce qui nous apparaît comme impensé ou trop évident.

  • Que ressortez-vous de cette exposition ? Quelles sont les réactions/ les retours du public ?

Cette exposition a déjà tournée, aux Sables d’Olonne, à côté de la Roche-sur-Yon, à  Angers et c’est vrai que les réactions premières sont l’amusement, voir des « ah c’est rigolo ce qu’ils font, ils ne font vraiment pas comme nous ! ». Ces réactions sont tout à fait logiques et normales, notamment à travers le Facekini, ce masque du visage.

Quand on a dépassé ce premier constat un peu amusé, il y a un deuxième temps de réflexion, « ah oui ils font comme ça ! », c’est peut-être pas un hasard, c’est le produit d’une histoire sociale, historique et c’est ça l’intérêt. Il y a des réactions assez positives.