Nous sommes arrivés en 1969 à Saint Gilles. Le gardien du phare des Barges nous attendait pour former notre mère au métier de gardien de phares.

Nous sommes arrivés en 1969 à Saint Gilles. Le gardien du phare des Barges (des Sables d'Olonne) nous attendait pour former notre mère au métier de gardien de phares. Notre maison, aujourd'hui à l'abandon, était équipée de sonnettes. Dés qu'un phare était en panne, une sonnette retentissait la nuit comme le jour. Maman devait régler chaque semaine les horloges des différents phares. Elle astiquait les cuivres et surveillait l'arrivée de la brume. Elle guettait de longues heures durant son arrivée. Dés que les gardiens de phares de l´Ile d'yeu la prévenaient, elle devait se poster derrière les carreaux et attendre de ne plus voir le phare de Boisvinet pour aller démarrer la corne de brume située sous le rocher de la croisette. Les moteurs avaient une autonomie de trois heures. Passé ce délais elle devait y retourner pour changer de machine.

Les 7 premières nuits qui ont suivi notre installation, maman les a passées debout, épuisée, prête à abandonner ses nouvelles fonctions. Elle ne devait jamais quitter la ville et encore moins le soir car elle devait surveiller l'allumage des 5 phares (les deux phares d'alignement, Boisvinet, La Garenne et Grosse Terre).
Si un phare se mettait en veille, elle devait par téléphone lancer des avis aux navigateurs en prévenant radio Brest, radio St Nazaire et radio Arcachon car à cette époque peu de bateaux étaient équipés de radar. Lorsque nous partions en vacances, un gardien de phares remplaçant s'installait à la maison avec sa famille. L'été, ma sœur et moi faisions visiter bénévolement le grand phare de la rue Raymondeau aux vacanciers qui passaient par là. Nous avons aussi reçu beaucoup de colonies de vacances.
Au décès de notre mère en 1978 notre père a pris le relais. Il a été le dernier gardien de phares en activité à Saint Gilles Croix de vie puisqu'après lui tous les phares ont été automatisés.

Je garderai de bons souvenirs de cette période mais aussi de grandes peurs lorsque mes parents partaient affronter la tempête en pleine nuit pour aller changer une ampoule qui ressemblait à un manchon de camping gaz au bout de la jetée de La Garenne, échelle sur l'épaule et parfois à 4 pattes. Je crois que nous avons eu de la chance que nos parents ne passent pas par dessus bord.

Commentaires

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Sympa, cette évocation du rôle de vos parents .
Merci

Trēs beau temoignage !!!

Coucou Patou,
sympa de te lire! je ne savais pas que c'était ta maman qui avait le rôle de gardienne au départ. Sacré métier quand même, chapeau!
Bises des anciens voisins d'en face ;)
Hervé et Sylvie